Les normes de ventilation en bâtiment tertiaire

Dans un bâtiment professionnel où circulent chaque jour des dizaines, parfois des centaines d’occupants, la qualité de l’air intérieur est un enjeu majeur. Elle influe directement sur la santé, le confort et la performance des équipes. Elle constitue également une obligation légale strictement encadrée. Pourtant, les exigences en matière de ventilation restent souvent mal connues des maîtres d’ouvrage. Voici un décryptage complet des normes qui structurent aujourd’hui la conception des bâtiments tertiaires en France.

Le cadre réglementaire : Code du travail et obligations 

Le Code du travail impose des règles précises pour assurer un renouvellement d’air suffisant dans les locaux professionnels.
L’article R4222-6 fixe notamment un débit d’air neuf minimal de 25 m³/h par occupant pour les bureaux où s’effectuent des travaux légers.
Ce débit peut être augmenté selon les activités (laboratoires, salles de réunion intensivement utilisées, espaces techniques), mais jamais réduit.

La réglementation impose également que la ventilation, qu’elle soit naturelle ou mécanique, soit permanente durant l’occupation du bâtiment.
À noter : selon l’ANSES, un air insuffisamment renouvelé peut multiplier par 3 les niveaux de polluants intérieurs, aggravant les risques allergènes et respiratoires.

RE2020 : une nouvelle approche de la ventilation

Depuis janvier 2022, la RE2020 a remplacé la RT2012.
Si elle est connue pour ses exigences énergétiques (-30 % de consommation visée par rapport à la RT2012), elle renforce aussi les obligations liées à la ventilation.

La RE2020 intègre un protocole ventilation rigoureux qui impose :

  • une justification précise des systèmes installés,
  • une vérification des débits réels,
  • une étanchéité renforcée des réseaux,
  • et un contrôle qualité obligatoire en fin de chantier.

Cette évolution permet d’améliorer significativement la qualité de l’air, alors que les Français passent en moyenne 90 % de leur temps dans des espaces clos (source : OQAI).

Ventilation modulée : l’ère des bâtiments intelligents

La réglementation encourage désormais les systèmes à débit modulé, capables d’adapter les flux d’air en fonction :

  • du taux de CO₂
  • de l’humidité,
  • de l’occupation réelle,
  • ou des polluants détectés.

Grâce à ces technologies, un bâtiment tertiaire peut réduire jusqu’à 35 % ses consommations énergétiques liées au chauffage et à la climatisation (source : ADEME), puisque l’air neuf introduit doit toujours être chauffé ou refroidi.

Ces systèmes deviennent la norme dans les immeubles de bureaux modernes et sont particulièrement adaptés aux espaces flexibles (open-spaces, salles de réunion, coworking…).

NF EN 16798 : la référence européenne pour les bâtiments tertiaires

La série de normes NF EN 16798, qui remplace progressivement la NF EN 13779, apporte un cadre harmonisé pour les bâtiments non résidentiels.

Une classification en 4 niveaux
Elle définit quatre catégories de qualité d’air intérieur :

  • Catégorie I : haute qualité
  • Catégorie II : qualité moyenne à élevée
  • Catégorie III : qualité standard
  • Catégorie IV : acceptable en dernier recours

Un bâtiment tertiaire moderne, notamment destiné à un siège social, vise généralement la catégorie I ou II.

Une approche modulaire performante

La norme NF EN 16798-3 propose une approche globale pour évaluer la performance des systèmes de ventilation dans les bâtiments tertiaires. Elle prend en compte plusieurs critères essentiels tels que la consommation énergétique, l’étanchéité des réseaux, la capacité de filtration de l’air — notamment pour les particules fines comme les PM2.5 — ainsi que l’efficacité de récupération de chaleur, qui peut atteindre jusqu’à 90 % avec les équipements les plus performants.

 La norme intègre également le niveau sonore et le confort perçu par les occupants. En combinant l’ensemble de ces paramètres, la NF EN 16798-3 permet de concevoir des bâtiments plus cohérents, plus durables et offrant une qualité d’air intérieur nettement supérieure.

Le décret BACS : l’automatisation obligatoire

Depuis octobre 2020, le décret BACS impose des systèmes d’automatisation et de contrôle dans les bâtiments tertiaires disposant d’équipements de plus de 290 kW, seuil qui passera à 70 kW en 2025.

Ces systèmes doivent permettre :

  • le suivi continu de la performance énergétique,
  • la détection des anomalies,
  • un pilotage automatique selon les besoins réels,
  • l’interopérabilité entre ventilation, chauffage et climatisation.

Grâce à ces dispositifs, les bâtiments tertiaires deviennent de véritables espaces intelligents, capables de garantir une qualité d’air constante tout en maîtrisant les consommations.

Les bénéfices d’une ventilation conforme et performante

Santé & performance

Une ventilation de qualité améliore la santé et la productivité.
Selon des études Harvard et OQAI, une bonne qualité d’air peut augmenter la productivité des collaborateurs de 8 à 11 %, réduire les maux de tête et améliorer la concentration de manière significative.

Économies d’énergie

Les systèmes de ventilation modernes permettent aujourd’hui d’atteindre une performance énergétique remarquable grâce à plusieurs leviers complémentaires : la récupération de chaleur, qui valorise l’énergie de l’air extrait pour préchauffer l’air neuf ; les systèmes modulés, capables d’ajuster automatiquement les débits en fonction de l’occupation et des besoins réels ; les réseaux étanches, qui limitent les pertes d’air et garantissent des débits conformes ; et enfin le pilotage intelligent, qui optimise en continu le fonctionnement de l’installation. Combinées, ces technologies permettent de réduire significativement les consommations tout en améliorant la qualité de l’air intérieur et le confort des occupants.

Valorisation patrimoniale

Une ventilation performante améliore le DPE, facilite l’attractivité locative et répond aux exigences du décret tertiaire, qui impose une réduction progressive des consommations de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050.

Comment choisir le bon système de ventilation ?

Diagnostic préalable

Avant toute installation, il est essentiel d’évaluer :

  • le type d’activité,
  • les besoins de renouvellement d’air,
  • les contraintes architecturales,
  • les objectifs énergétiques,
  • le budget d’investissement et d’exploitation.

Les solutions les plus courantes en tertiaire

  • Ventilation double flux : jusqu’à 90 % de récupération de chaleur.
  • Ventilation à débit variable (VAV) : parfaite pour les open-spaces et salles de réunion.
  • Ventilation naturelle assistée : efficace dans des architectures favorables (atriums, grands volumes).

Abalone : concepteur et constructeur de bâtiments tertiaires performants

Concevoir un système de ventilation performant ne se limite pas à choisir une machine : c’est un véritable travail d’ingénierie, d’intégration architecturale et de maîtrise réglementaire.
En tant que concepteur et constructeur de bâtiments professionnels, Abalone accompagne ses clients à chaque étape :

  • Analyse technique et réglementaire
  • Dimensionnement selon NF EN 16798, Code du travail et RE2020
  • Intégration dans le projet architectural
  • Choix des technologies les plus adaptées
  • Suivi et contrôle des installations jusqu’à la mise en service

Vous avez un projet tertiaire incluant des enjeux de ventilation ?

Contactez Abalone dès aujourd’hui ! Concevons ensemble un bâtiment sain, performant et conforme aux normes les plus récentes.

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